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MessageSujet: *GAY GASP* [PV Androu ♥] Jeu 29 Déc - 1:50
Uriel Issei








Il m'a pris la main. L'espace de quelques secondes, j'ai eu sa main dans la mienne, puis il s'en est allé, ne laissant derrière lui que la chaleur de sa peau en plein cœur de ma paume. C'était comme... irréel. Une fois chez moi et la porte refermée, je me sentais prêt à hurler et à bondir dans tous les sens jusqu'à ce que mort s'en suive - que ce soit d'une chute malencontreuse contre le coin d'une table ou par la main de mes voisins un tantinet nerveux - quelle différence ? J'aurais été mort dans les deux cas. Donc, vous le devinez bien, j'ai tu ma crise d'adolescente hystérique au profit de ma survie, avant de finalement me rabattre sur le canapé, à me concentrer sur les brutes pulsations de mon cœur. Pour un peu (et ne vous moquez pas), je crois que j'aurais pu pleurer. Vraiment. Jusqu'à la déshydratation. Déroutant, certes, mais sur le coup, je ne me suis pas posé davantage de questions. J'étais juste heureux et amoureux - deux termes qui, selon les temps et les cœurs, n'aiment guère se tenir gentiment par la main et préfèrent à l'inverse s'échanger des coups d'épées dans la gorge afin d'être le seul à exister. J'étais même tellement heureux, qu'au fond de moi... je craignais de faire fausse route, et qu'il me recrache mon amour en pleine gueule. Ah ! C'est bête, je l'admets ; c'est même terriblement stupide, de ne pas chérir ces instants de joie lorsqu'ils se présentent à moi. Toutefois, le doute ne m'a pas quitté de la nuit. J'avais le crâne empli de questions fébriles, innocentes à ma plus grande surprise, mais aussi d'autres, plus violentes et cruelles encore. M'aimait-il ? Ne m'aimait-il pas ? Où étaient donc les fleurs lorsque j'avais besoin d'aide ?! Bref. Des questions. Tant et tant qu'au final, le sommeil, ainsi que les cernes, ont fini par m'engloutir avant que je ne puisse caresser les bords d'une réponse.

Puis, le réveil. Ô terrible et odieux réveil, avec tes envies d'achever sa tignasse à la tondeuse, tes haleines de chacals (chacaux ? Chacals ? Bref, de ces bébêtes-là) et ta vile voix doucereuse qui nous dirige lentement mais sûrement vers le premier nœud coulant qui passe - - mais devinez quoi ? Cela ne me concerne même pas ! Parce que ce réveil, et attention la surprise ; c'est le mien, alors il ne peut qu'être à la hauteur de la légende : c'est-à-dire, resplendissant et digne des meilleures scènes hollywoodiennes - - et ceux qui n'y croient pas peuvent aller dans le coin là-bas, avec le tabouret qui tangue lorsqu'on appuie un peu trop d'une fesse. Avez-vous réellement cru que je pouvais être moche, ne serait-ce qu'une seule fois dans ma vie ? Q-que ? Non ! non, soyez mignons, reposez cette photo de moi en primaire - c'était la photo de classe, je n'étais encore flamboyant comme maintenant, et vous voyez tout aussi bien que moi que je n'étais pas prêt lorsque le petit oiseau est sorti ! Non, mais oh, hein ! *Aheum* Reprenons le fil de notre histoire, je n'ai pas fini ma logorrhée. Le groin dans mon café et les épis de ma chevelure défiant courageusement science et gravité, je sens carburer sous mon crâne les deux derniers neurones qui n'ont pas encore été raptés par l'assistant social pour cause de négligence. Quelle tenue mettre ? Quel maquillage adopter ? Quelle coiffure ? Dois-je me faire une de mes teintures violeuses de rétine afin d'étaler mon bonheur, de le racler sur la face du monde ? C'est que je me sens d'humeur au rose, aujourd'hui. Alors, soit. Profitons d'avoir été levé aux aurores par les coups de feu en bas de la rue, et allons gaiement jusqu'à la salle d'eau pour nous refaire une petite beauté. Quels coups de f... oh, vous ne pensez tout de même pas que j'ai sorti ma tête pour voir ce qui se passait ! Pas fou non plus. A moins que vous n'ayez voulu dire fouboulous et que votre correcteur automatique vous ait fait défaut.

Sais-tu ce qu'est la beauté, cher lecteur ? La beauté – et tiens-toi bien à ta chaise, ou au sol pour ce que ça m'importe - c'est ce que l'on voit tous les jours, se reflétant au travers de la glace. Quand on s'appelle Uriel Issei. C'est qu'il n'y a pas deux beautés comme la mienne, pour ne pas me jeter de fleurs ! Si Dieu avait voulu créer la perfection le jour où il fit naître l'homme, franchement, il aurait dû me prendre comme modèle. Ou peut-être étais-je le modèle ! Qui sait ? Personne n'a la preuve du contraire, que je sache ! Il se peut que, tel un artiste malchanceux, les tentatives qui suivirent ne soient jamais parvenues à arborer la beauté du premier essai. Pauvre vieux. Ça expliquerait le manque de jugeote et de matière grise du reste du globe, d'où le fait que je doive encore et toujours ré-éduquer mes congénères sur leur ignorance – - mais je digresse (graisse !). Les cheveux désormais aussi roses que le cul d'un cochon, je carbonise la touffe sous le souffle de braise de mon sèche-cheveux puis l'attache en une queue de cheval aussi haute que mon ego. Je check ma montre ; 9 h et quelques, encore tout plein de temps pour me pouponner et être la plus belle pour aller danser. Mettant un terme à mon occupation militaire de la salle de bains, j'enjambe lourdement Ducon (mon chat) qui se voulait meurtrier du dimanche à se glisser de la sorte dans mes pattes estropiées puis sautille à cloche-pied jusqu'à ma chambre et mes armoires autochtones. Rose, bleu, jaune, orange ; non, non, non, et non ! Aujourd'hui n'est pas le jour du rentre-dedans de gros lourdaud en manque qui m'aurait valu un p'tit tour chez les messieurs en uniformes si Androu' avait été au courant des lois de ce pays ! Non ! Aujourd'hui est le jour de l'amour. Du rouge, donc. Rouge et rose ?... est-ce seulement raisonnable ? BWAH ! Qu'importe : j'ai envie de porter les vêtements qu'il m'a acheté, spécialement pour l'occasion.

Le cœur en plein jogging, je me regarde un instant dans la glace, les yeux humides d'émotion. Je suis beau. Vous devez l'avoir compris depuis un moment, mais je m'aime bien, là. Comment sera-t-il, lui ? Inconsciemment, je l'imagine porter à son tour la tenue que je lui ai choisie et me sens déjà flatté d'avance ; quel beau couple nous formo... formerions. Formons ? Puis-je seulement parler au présent... ? Encore confus sur ma situation, je soupire et pars poser mes doutes sur ma coiffeuse, réajustant quelques mèches rebelles de mes doigts agiles tout les glissant derrière mon oreille. Dois-je mettre mes pierres ?... non. Je n'en ai pas besoin pour briller, pas aujourd'hui. Le maquillage en revanche... ce n'est pas qu'on dirait que je viens tout juste de sortir ma tête du sol, mais mes yeux peinent à ne pas être classés dans la catégorie interraciale avec tout ce gangbang de noir autour. J'ai p'têt dormi avec mon khôl, tiens. Si avec ça, il s'enfuit pas en cour- - - aheum, beau, dis-je. Laissez-moi juste quelques secondes pour me requinquer, un peu de démaquillant ici, de crème là, de poudre, de... [Une heure plus tard] eeeet, voici ! La beauté suprême, messieurs-dames ! De l'art sous forme humaine - et pas n'importe quelle oeuvre, que nenni ! Je vous vois venir, avec vos Picasso et autres myopathes hippies ; je veux parler d'une vraie splendeur déroutante, celle qui fait pousser des "woahh" et pas des "que, quoi ?" ... ! Quoique, vu ma couleur de cheveux et ma position actuelle sur le globe, je... serais pas étonné d'entendre plus de quoi que des woahs. Too fab for this world.

Maintenant, quoi ? J'attends ? Je suis propre, je suis beau, je suis habillé, coiffé, maquillé, et ? Qu'est-ce que j'oublie ? Une fois de retour au salon, je regarde autour de moi et empoigne le manche de ma canne rose fuchsia, en profitant au vol pour piquer mon portable et envoyer un SMS à Andrew pour lui rappeler qu'il a rendez-vous avec moi et de ne pas l'oublier. C'est que je ne voudrais pas finir tout seul comme un con au beau milieu du cinéma, moi. Tu parles d'un truc qui casserait l'ambiance ! 10 h 47. Allez, je peux sortir me promener un peu, manger, et peut-être trouver des fleurs pour le seul minou pour lequel mon cœur aura battu. Ça va être une bonne journée, j'le sens ! Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? A part ma tête en le voyant ? Huhu. Chevauchant l'amour de ma vie une fois en bas de mon immeuble, j'engouffre ma bobine dans mon casque, enclenche le moteur et m'empresse de sortir de la zone, direction le centre-ville, loin des coupes-gorges et des prostituées au rabais. Franchement, pourquoi je vis dans ce taudis façon Cendrillon, aussi. Un jour, je vais me faire buter et le pire, c'est qu'on risque de me voler mon précieux sac à main. Et de me décoiffer. Une honte, moi j'vous dis. Comment ça, j'ai des priorités étranges ? Eh, vous ne savez pas combien il m'a coûté, j'vous ferai dire ! En parlant de trucs qui coûtent cher, je sens que mon salaire va y passer vu tout ce que je dois payer aujourd'hui. Place de parking, bouffe (l'herbe du parc suffirait, au point où j'en suis), fleurs (elles aussi peuvent faire office de bouffe, tiens), place de cinéma et potentiellement pop-corn (Note : Surveiller ses hanches)... Lui qui est médecin (donc riche) pourrait au moins m'inviter au resto', histoire de - - roh, je ne sais pas, manger autre chose que des pâtes. "On est ce que l'on mange", qu'ils disent. Bah moi, j'vous dis que je suis un plat de spaghetti-sauce-tomate : mon frigo crie encore plus famine que mon estomac. En profitant une fois garé pour me pavaner un peu sur l'asphalte, je souris poliment à ceux qui me dévisagent comme un énorme flamant rose en pleine évasion du zoo, m'offre une pause petit-dej' tardif (consistant en un paquet de fruits séchés achetés à l'hypermarché du coin) puis me sauve dans la première fleuristerie entrant dans mon champ de vision pour trouver du foin à offrir à mon aimé.

Roses, tulipes, trucs non identifiés, autre truc à pétales, erreur de la nature que je n'oserais même pas bouffer... ... ... Quel stade de famine j'ai atteint pour vouloir brouter des bouquets, moi ? *sigh* Glissant entre mes dents un morceau d'ananas aussi sec que ma masse musculaire, je le mâchouille nerveusement tout en fixant le vendeur avec de gros yeux ronds, signifiant d'une façon implicite "ramène tes miches, je suis perdu et t'es payé pour me guider dans le pollen". Ce dernier, ayant très certainement senti mes ondes lui caresser gentiment les chakras, finit enfin par remarquer ma présence (ce qui, en soi, n'est pas un exploit), puis après moult explications sur ce que je voulais et ne voulais pas tenir dans ma main pendant des heures en attendant son arrivée, me tend un bouquet fraîchement confectionné, composé de... fleurs, et de fleurs, et de... l'herbe. 'Me semble que ce n'est pas de l'herbe ; mais mon vocabulaire ne va pas jusque là. Il me semble reconnaître de la lavande, de errr, l'ortie (raison de plus pour pas bouffer le bouquet), deux pivoines rouges, de l'arum et... sûrement des roses, à en juger d'la bobine. Sans poser davantage de questions sur le sens ni sur le reste - j'ai juste demandé un bouquet joli, moi -, j'empoigne le présent de dame Nature, le paie avec le présent de Dame Société puis Dame Uriel s'en va vers d'autres aventures, direction le cinéma, armée de sa confection d'orties romantiques. Franchement, quelle drôle d'idée ?... Bah ! Peu importe, l'est zouli, et c'est tout ce qui compte. Une mélodie au bout des lèvres, je me déhanche jusqu'au square et laisse les portes s'ouvrir face à ma flamboyance, les remerciant malgré moi avant de vite trouver un coin où terrer ma honte. Je suis en avance. Autant l'attendre sur l'un des sièges alignés du côté café, pas comme si j'avais autre chose à foutre... quoique, j'ai bien un score à péter dans mon jeu. Allons bon. C'est parti pour une ellipse.

Ellipse faite ? Ellipse faite. Andrew ne devrait pas tarder ; j'ai les jambes qui tremblent, le boule collé à mon siège et le moindre mouvement me donne l'impression que je vais défaillir. Qui l'eut cru, que je paniquerais autant à l'idée d'un simple rendez-vous, qui n'est peut-être pas même amoureux ? Le voilà qui arrive... avec mes vêtements. Un début de sourire naissant sur mes lèvres, je m'apprête à bondir et à foncer sur lui telle une groupie en manque, mais retombe aussitôt sur la chaise, encore con de ce que je viens d'apercevoir à ses côtés. Une femme ? Mais, je, euh ? Je plisse les yeux, penche la tête sur le côté, m'esquivant de son regard comme par peur d'être repéré avant d'avoir pu entièrement analyser cette vision d'horreur qui ose rompre mon rêve. Qui est-ce - - et qu'est-ce qu'elle vient faire ici ? Je relis nos SMS d'une main fébrile, sentant un pincement me mordre le cœur en voyant que rien n'indiquait qu'il avait à sortir sa petite sœur au beau milieu de notre rendez-vous. Alors c'est qui ? C'est sa copine ? A en croire leur proximité et l'espèce de chimpanzé qui tente plus de l'escalader que de lui tenir le bras, ça en a tout l'air... Il se serait moqué de moi depuis le début... ? ... ... Naaaaan. Nan ? Si ? Je sais pas. Si elle n'était pas sa copine, pourquoi serait-elle ici, à notre rendez-vous ? J-je sais plus, bordel... putain d'hétérosexuel de merde. Il s'est foutu de ma gueule, clairement. Plongé dans une colère des plus noires face à cette insulte incarnée femme, je me redresse d'un bond, le regard soudain assombri dans ma rage. Frappant vigoureusement les dalles de ma canne au rythme de mes pas, je me précipite dignement vers le couple tout en serrant les dents, comme prêt à éclater de rage, ou que sais-je ? En sanglots. C'est qu'au point où j'en suis, je ne saurais pas même différencier l'un de l'autre.

Je le regarde un moment, la lèvre mordue pour m'inciter au silence. Pas un bonjour, pas un salut ; rien n'arrive à s'échapper de ma gorge serré. Je ne peux que le regarder, déconfit et en quête d'une réponse dans ses yeux. Et puis merde, il aurait pu me le dire, si je lui plaisais pas ! Merde !...  Et moi, je fais quoi, dans tout ça ? Je lui jette son bouquet à la gueule, le traite de connard, et je rentre à ma maison ? Nan, un peu de dignité, mon bon Uriel. Tendant mécaniquement mon bras vers lui pour lui presser le bouquet contre le torse, je marmonne un « Pour toi, Andrew. S't'aimes pas les fleurs, t'as qu'à les jeter.  » dont le ton et l'assurance partent au decrescendo tant je sens que les larmes sont sur le point de me tomber à la face. Après un regard méprisant en direction de la garce à son bras afin de lui faire comprendre qu'elle n'était pas la bienvenue dans mon petit monde, je me détourne finalement afin d'aller m'occuper avec autre chose, comme le pop-corn. Voilà, pense à bouffer, ça ne te fera pas de mal... ne pense pas à lui, il est vilain, il est méchant, il est trop mignon et t'as juste envie de lui pleurer dessus pour le supplier de lâcher sa pouf pour ta jolie bouille. D'un côté, j'essaie de le comprendre, de ne pas me montrer trop intolérant. Si ça se trouve, il n'avait pas osé me dire qu'il était hétérosexuel, et avait essuyé chacune de mes avances avec un dégoût dissimulé afin de ne pas me froisser... Mais si c'est ça... si c'est ça, c'est vraiment trop cruel. Je n'ai même pas envie de me mettre en colère contre lui, même si l'envie d'ensanglanter le monde perdure encore sous mon crâne. Je suis juste... triste. Je suppose que c'était "trop beau pour être vrai", comme on dit. Etait-ce si difficile pour lui de me céder un rendez-vous - - -  un bête rendez-vous, juste tous les deux, histoire de me donner l'impression que j'avais une chance ? Apparemment oui. Prenant mes deux paquets sous le bras, je jette un coup d'oeil peu discret par dessus mon épaule et grommelle. Cette vermine à deux pattes qui se colle à lui comme s'il lui appartenait, ce bras qui étreint – non, qui semble avoir capturé le sien... et cette horrible sensation d'être en trop. Comme une grosse tache rose bonbon en plein milieu du paysage.

Elle mérite bien son putain de paquet de pop-corn salé. Casse-toi, et lâche mon min- - - Andrew : «  Pour ta s... c... dinde.  » que je balance, tout en donnant avec la même énergie son paquet à la soi-disant copine. Je renchéris alors en la direction du blondin, fronçant les sourcils : «  J'ai pris du sucré pour nous. A moins que tu préfères du salé, contrairement à ce que tu m'as dit... On sait jamais. T'es plein de surprises, après tout... mais peu importe le message que t'as voulu me faire passer en faisant ça, t'aurais pu me le faire comprendre autrement. »

Merde à la fin. Il m'avait pourtant pris la main...


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MessageSujet: Re: *GAY GASP* [PV Androu ♥] Lun 2 Jan - 0:54
Andrew Wilson
*GAY GASP*
ft. Uriri ♥

- Et je peux venir avec toi ? S'il te plaîîît ! Je veux rencontrer tes amis, c'est normal, non ?

Andrew se sentit subitement mal à l'aise devant le sourire de Michiko. Il venait de lui dire qu'ils ne pourraient pas se voir le lendemain, car il avait un rendez-vous. La demoiselle avait demandé s'il s'agissait d'un rendez-vous médical et il lui avait répondu que non, il allait voir un ami. Plus exactement, il avait dit « N-non, je vais voir un … am- un ami. ». Il lui arrivait très rarement de bégayer, seulement quand il avait l'impression de ne pas dire toute la vérité, rien que la vérité, en fait. Et lorsque quelqu'un le mettait mal à l'aise comme elle arrivait à le faire, c'était pire. Il ne savait pas trop ce qui le dérangeait chez elle – mis à part le fait qu'il n'avait pas vraiment choisi d'être avec elle. Après son escapade avec Uriel au centre commercial, son père lui avait fait de sacrées remontrances, sa mère avait pleuré, et il s'était retrouvé à soupirer et à accepter « d'essayer avec Michiko ». Même s'il n'en avait pas la moindre envie. Elle, en revanche, prenait un malin plaisir à lui prendre la main, l'embrasser sur la joue, comme s'il était un petit animal qui lui appartenait. Il n'aimait pas ça du tout. Mais il n'avait pas su lui dire non lorsqu'elle avait demandé si elle pouvait venir. En fait, elle n'avait même pas attendu de réponse ; elle avait demandé comme si elle avait ordonné et il s'était résigné, particulièrement gêné sans savoir pourquoi.

*

Il travaillait ce matin-là, mais il savait qu'il aurait tout le temps de rentrer chez lui entre-temps pour se préparer à son rendez-vous. Mais … Est-ce qu'il ne s'agissait pas d'un « date », en fait ? L'idée ne lui avait pas réellement traversé l'esprit jusqu'à ce matin-là, alors qu'il peignait ses cheveux. Est-ce que ce rendez-vous était plus qu'une simple rencontre entre deux amis ? Après tout … après tout, il lui avait tenu la main. Il avait même préféré lui tenir la main à lui qu'à Michiko. Il se rendit compte qu'il s'était figé, mais après quelques secondes d'incertitude, il reprit tranquillement sa routine matinale, la question toujours en suspens dans un coin de sa tête.
La matinée se révéla particulièrement lente ; il ne s'agissait que de rendez-vous à domicile, mais jamais conduire sa voiture pour faire le tour du quartier ne lui avait semblé si ennuyeux. Et pourtant, conduire sa voiture était l'une des choses qu'il préférait dans la vie – ce n'était pas du grand luxe, tout juste une gamme moyenne, mais elle était fonctionnelle, agréable à conduire, ses sièges étaient confortables, et l'hiver, elle se réchauffait vite. Il avait réussi à trouver un modèle qui permettait encore d'écouter des cassettes, et Andrew avait l'équivalent d'une vie en cassettes musicales. Contrairement à ce que la plupart des gens attendaient de sa part – qu'il écoute de la variété, ou juste ce qui passait à la radio – le médecin écoutait du jazz et du rock. C'était ses deux genres préférés, et il avait toujours le temps d'écouter au moins une piste entre les différents endroits où il se rendait. Ce matin-là résonna dans l'habitacle du véhicule la ballade Nothing Else Matters. Il monta le volume et démarra.

Une fois son tour terminé, il était 11 heures. Il soupira en réalisant que Michiko devait déjà l'attendre devant son appartement. Bizarrement, depuis qu'il avait capitulé et accepté à contrecœur de sortir avec elle, elle semblait penser qu'ils devaient passer le maximum de temps ensemble – du coup, elle se retrouvait absolument tout les midis devant sa porte. Et Andrew la faisait entrer, de moins en moins étonné de la voir mais de plus en plus oppressé par sa présence constante. Est-ce qu'elle n'avait pas des amis avec qui traîner ? Ce n'était vraiment pas sain comme attitude – mais il ne se sentait pas de lui faire la remarque. Il avait peur de la vexer, comme il avait toujours peur de vexer les autres. En effet, elle attendait, assise dans l'escalier, et elle se releva précipitamment en le voyant. Il la fit entrer, et ils se mirent rapidement à table. Il ne l'écoutait pas vraiment, la musique de la matinée jouant en boucle dans sa tête.

- Du coup, je ne t'ai pas demandé. Qui est cet ami ?
- Hm ? Il releva la tête, distraitement. Ah, c'est Uriel. Mais tu ne dois pas –
- Celui que j'ai eu au téléphone l'autre fois ? demanda-t-elle, croisant ses mains sous son menton pendant que ses yeux perçants se fichaient dans ceux d'Andrew.
- Oh, exact. J'avais oublié ça, dit-il en riant un peu nerveusement.

Michiko, elle, ne riait pas. Au contraire, elle semblait pensive, et pas vraiment d'une façon positive. Andrew ne rajouta rien, et profita de son absence pour débarrasser la table et partir se préparer. Le choix des vêtements fut plutôt rapide – il était hors de question qu'il porte quoi que ce soit d'autre que ce qu'Uriel lui avait choisi. Pourtant, ce fut autrement plus difficile de se décider pour ses cheveux. Alors qu'il s'agissait d'habitude pour lui de quelque chose d'accessoire – de secondaire – il se creusa la tête cette fois-ci. Rien ne lui vint, mais il nota qu'il faudrait bientôt les couper. Ils commençaient à devenir trop longs. Il passa une main rêveuse dans ses cheveux, puis remonta ses lunettes qui avaient glissées. Il était prêt à partir. Il annonça à Michiko qu'ils allaient bientôt partir, sans vraiment se demander si elle avait besoin de faire quelque chose avant. De toute façon, elle n'était ni invitée, ni bienvenue, donc cela lui importait peu.

*

- Mais lâche-moi enfin, grommela-t-il entre ses dents.
- Andreeew, je ne comprends rien quand tu parles comme ça. Elle pencha sa tête sur le côté – cliché.
- Je n'ai rien dit, laisse tomber.

Il soupira, se résignant encore une fois à la laisser s'accrocher à son bras comme une moule à son rocher. S'il était à moitié américain, ses habitudes étaient profondément japonaises, et le fait que Michiko soit si démonstrative le mettait terriblement mal à l'aise.
Il poussa la porte du cinéma, cherchant aussitôt Uriel du regard. Il mit quelques temps à le trouver – ce cinéma semblait très fréquenté. Finalement, il entendit la canne et tourna son sourire vers lui. Sourire qui se fana bien vite face au visage de l'homme qui l'avait invité. Il n'avait pas l'air content du tout. Andrew se sentit mal – quelque chose, en lui, lui faisait mal. Il baissa le regard, ne parvenant pas à soutenir celui d'Uriel. Ce n'était même pas de la colère qu'il sentait émaner de lui, c'était bien plus dévastateur que ça. De la tristesse – il le comprit lorsqu'il parla en lui donnant (jetant ?) le bouquet qu'il avait visiblement acheté pour lui. Un timide « merci, je les garderai » traversa les lèvres d'Andrew. Mais il n'était pas sûr d'avoir été entendu. Uriel fit volte-face, tandis que Michiko resserrait son étreinte sur son bras. Elle en venait presque à lui faire mal. Il la repoussa gentiment.

- Est-ce que tu pourrais être un peu plus calme s'il te plaît ? Je n'ai pas l'habitude qu'on s'accroche à moi comme ça. Je ne vais pas m'envoler, tu sais.

Elle ne dit rien, mais son regard en disait long. Si Andrew avait su comprendre ce que les yeux disaient, il aurait su qu'elle avait compris que quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire. Et qu'elle était déterminée à comprendre quoi. Uriel revint, plaquant presque un pot de popcorn contre Michiko, qui lâcha complètement Andrew pour le rattraper. Puis il prit l'autre paquet, ne franchissant pas la distance qui les séparait encore. Plus il parlait, et plus il sentait son visage se parer des traits de l'étonnement. Il fronça les sourcils à son tour.

- Mais de quoi tu pa-
- Merci pour le popcorn. Michiko, dit la demoiselle en s'inclinant légèrement. Je suis la copine d'Andrew.

C'est alors qu'il fit le lien, qu'il comprit ce que lui reprochait Uriel. Il aurait voulu lui dire que ce n'était pas ce qu'il pensait, malgré les apparences qui jouaient contre lui. Que tout ça, c'était de la mascarade, et rien d'autre. Il se demanda un instant pourquoi il voulait se justifier devant Uriel. Pourquoi il avait l'impression qu'il devait se justifier. Mais il resta silencieux, n'osant toujours pas regarder Uriel. Il ne lui laissa cependant pas le temps de répondre à Michiko. Il attrapa une main, machinalement, avant de s'avancer vers le comptoir pour acheter les places. Lorsqu'une autre main se faufila à travers ses doigts, manquant de faire tomber le bouquet qu'il tenait, il se rendit compte qu'il n'avait pas prise celle de Michiko. Il ne se laissa pas emporter par cette situation – il aurait sûrement dû lâcher celle d'Uriel mais il ne le fit pas.

- Bonjour, trois places pour … il tourna le regard vers Uriel. Brokeback Mountain, on avait dit ?
- Brokeback Mountain ? releva Michiko. Je pensais qu'on allait voir un film romantique.
- Il y a une histoire d'amour, non ? Tu peux aller voir quelque chose d'autre si tu préfères.
- Non non, je viens avec vous. Il ne faudrait pas que ça vous donne des idées, dit-elle avant de rire.

Andrew s'empourpra, mais ne dit rien. La vendeuse leur indiqua la salle 3 et il s'y rendit, lâchant les deux mains lorsqu'il dut payer, et prenant soin de n'en reprendre aucune. Son regard cependant se tourna vers Uriel, et il posa enfin le doigt sur quelque chose qui lui semblait étrange depuis qu'il l'avait retrouvé.

- Tu as coloré tes cheveux ? Ça te va bien.

Il lui sourit, espérant qu'Uriel ne lui en voulait pas trop. Mais il savait que c'était le cas. Lui-même avait l'impression de l'avoir trahi.






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MessageSujet: Re: *GAY GASP* [PV Androu ♥] Ven 24 Fév - 21:12
Uriel Issei







Ça me dégoûte - non, ils me dégoûtent ; lui autant qu'elle et qu'eux deux ensemble. Je fronce le nez et plisse mes lèvres lorsqu'un "merci" tente de franchir celles que j'ai tant embrassées en croyant à l'amour. Que pourrais-je répondre à cela ? Je voudrais être capable de l'insulter. Avoir la force de lui faire du mal, histoire de ne pas être le seul à ravaler mes larmes comme une lavette. Si je le traitais, l'insultais, lui disais à quel point son existence me faisait vomir, se sentirait-il aussi mal que je le suis ? Pleurerait-il seulement ? Ou peut-être qu'il rirait en voyant que j'ai été assez dupe pour l'aimer. Cruel homme, moi qui croyais que ça avait changé un peu... Mais au Diable ces questions ; je sais que ça ne changerait rien. Pourquoi n'ai-je pas enfoncé les orties dans ses naseaux lorsque j'en avais encore l'occasion ? Telle est la question que je me suis posé au moment-même où mes yeux se sont abattus sur le monstre femelle qui avait enfermé le bras d'Andrew tel un piège à ours. D'ailleurs. Elle est belle, cette fille - le pire, je crois, c'est qu'ils vont bien ensemble, même si ça me crève le cœur de l'admettre. Maintenant loin d'elle dans ma quête au maïs, je continue encore à me demander pourquoi je ne l'ai pas fait ; c'est dire à quel point j'apprécie sa présence à nos côtés. Mais j'imagine que je devrais la remercier : au moins, j'ai pu voir le vrai visage de ce démon sordide qui voulait me faire croire en son innocence. Je n'ai fait qu'entrevoir le bonheur dans le bleu de ses yeux. Maintenant, il faut bien que je sorte ma tête de l'eau.

Au moment-même où j'hésite à me sauver à l'anglaise pour me vautrer dans le premier bar gay qui entrera dans mon champ de vision, la dite Michiko intervient et décline son identité de criminelle à ma pauvre personne, réduite alors au silence le plus consterné. Tourne bien le couteau dans la plaie, connasse, ce serait dommage qu'il y ait encore des nerfs dans la couenne. Un regard fort en signification lancé à Andrew afin de vérifier si son titre n'est qu'usurpé, et me voilà au bord des larmes. Etant donné son embarras, cela doit être vrai. Mon sourire est mort, tué, fané. Là, elle ne fait qu'agiter une flammèche sur ses pétales secs, savourant sa longue agonie et les crépitements de sa vie perdue. Si je m'écoutais, je lui enfoncerais ma canne dans la gorge et la secouerais comme un drapeau depuis le toit du cinéma, tout en suppliant les avions de chasse de me descendre avant que je n'en fasse de même à ce maudit serpent à lunettes. C'est que l'envie me tarauderait presque, avec son faux air gêné et sa moue triste. Comme si tu ne l'avais pas fait exprès ! Comme s'ils ne le faisaient pas exprès ! Menteur... faux-gay ! Va t'étouffer dans ta beard, pour ce que j'en ai à foutre ! D'ailleurs, ce n'est pas pour paraître violent, mais si la beard en question insiste à se pencher comme ça, je sens que mon genou va se la jouer "Apapa !", se lever d'instinct et aller se loger dans son globe oculaire gauche. Juste pour prévenir.

Encore bouleversé par l'horreur dépeinte sous mes pupilles, je cloue mes paupières afin d'empêcher les sanglots de trahir ma faiblesse, puis, une fois les yeux de nouveau ouverts, annonce en bombant le torse tel le paon orgueilleux que je suis. Vous me ferez pas chialer. Ou du moins, j'attendrai d'être dans le noir pour le faire : « Uriel. Moi je suis... je suis... ? » Un moment d'absence s'empare de moi, et mon regard se plante telle une lame dans les yeux d'Andrew, comme en quête d'une réponse, d'un secours quelconque : qui suis-je pour toi ? Ah ! Non, ne réponds pas, ne prends pas même la peine de répondre ; je ne veux pas t'entendre... Mais vraiment, c'est idiot. Je croyais être tellement plus – et pourtant ! on dirait bien que je ne suis rien. Détournant aussitôt la tête sans cacher tout le dégoût qu'il m'inspire, je grommelle alors avec une voix d'outre-tombe : « … Son patient, je suppose. C'est marrant. Il ne m'a jamais parlé de toi... » avant de m'apprêter à m'éloigner, les bras serrés tout contre mon torse dans une embrassade réconfortante. Au moins, j'ai le meilleur soutien au monde ; n'était-ce pas mon travail, à l'époque où j'avais encore la foi de me battre pour les autres (avant d'être frappé par une flemmingite aiguë - et une voiture, par la même occasion) ? Tiens. Une main vient saisir la mienne. Intrigué par ce soudain contact physique pour le moins surprenant, je baisse les yeux sur l'intruse et suis attentivement le poignet, puis le bras, puis le corps auxquels elle est reliée. Avant de découvrir au bout – et non sans grimacer pour la peine – un jeune playboy qui, de toute évidence, ne sait vraiment pas faire son choix entre elle et moi. Andrew, Andrew, Andrew... que de gourmandise de ta part. Dommage pour lui ; moi, c'est du tout cuit. Surtout en voyant que sa pouf lui a saisi l'autre main. T'as cru qu'on formait quoi, un trouple ?

« Andrew, ma patience a ses limites. » que je grince tout en récupérant ma précieuse meilleure amie avec une délicatesse équivoque et toute la violence dont je suis encore capable (c'est à dire en tremblant comme un plat de pudding porté par un serveur atteint de Parkinson). Ceci de fait, je l'essuie ouvertement contre le tissu de mon pantalon sans retenir une plainte répugnée dans mon souffle. Deux pas sur la droite afin de m'assurer qu'il ne repassera pas à l'attaque, et ne me reste plus qu'à écouter les deux débattre sur le romantisme de ce film pourtant culte. Va regarder Blanche-Neige et arrête de nous souffler dans les bronches, Michiko. Ou Ni-chicots si elle continue sur cette voie. Apapa guette toujours. Fidèle à moi-même et ma grande nature tolérante et compréhensive, j'enchaîne instinctivement d'une voix des plus nasillardes possibles, voulant mimer son timbre de voix : « Gnagna, Il ne faudrait pas que ça vous donne des idées », j'imite alors le rire d'un phoque avant de cracher mon ultime venin, n'osant cependant pas viser trop haut dans la tonalité par peur de me prendre un coup de pompe : « Tsk. Boudin.». Bite, bite, cul, salope : ma cervelle n'est plus qu'un amas à insultes et le verre commence à déborder de tout côté - - que quelqu'un m'arrête, par pitié. Saisissant le ticket tendu par le vendeur, je traîne mes brioches bombées dont l'étiquette "à Andrew" s'est fait vivement arrachée jusqu'à la salle, dans laquelle je m'installe de façon à ne pas me retrouver entre deux. Première place de la file ; et s'il n'est pas content, qu'il aille ailleurs avec sa pouf.

Mais noooon, c'était sans compter sur Andrew le stalker qui vient me rejoindre alors que j'ai bien montré par ma traversée dans le noir que je voulais être tout seul à pleurer contre le mur. Gentil mur. Ils m'aident toujours quand ça ne va pas. Je passe une main dans mes cheveux quand l'américain remarque enfin à voix haute leur couleur on-ne-peut plus tape-à-l'oeil et flamboyante, esquissant d'un sourire narquois perdant peu à peu de son sass au cours de ma tirade : « Naah, ils ont viré au rose tout seuls pendant la nuit, 'sont magiques, tu v--- humpf !... pardon, chato... Andrew. Merci. Tu es beau aussi comme ça... au moins, ta copine doit être contente. » Je soupire, fixe l'écran encore blanc, soupire à nouveau. Mon regard fuit le sien, se voulant ailleurs tout comme le reste de mon être - ou peut-être devrait-il l'affronter une fois pour toute afin de ne plus me rouler dans ma misère ? Allez. Lançons-nous. Au pire, le noir me réconfortera. Touchant du bout des doigts la main du blondin, je lui chuchote alors, rendu débile et craintif à l'idée de regarder son visage :

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais une petite-amie ?... Je croyais que je comptais pour toi. E-enfin, qu'on avait... qu'on était... ah, laisse tomber, va. C'était sûrement stupide de ma part... J'aurais dû me fier à ta gueule d'hétéro.»


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MessageSujet: Re: *GAY GASP* [PV Androu ♥] Sam 25 Fév - 2:33
Andrew Wilson
*GAY GASP*
ft. Uriri ♥

Uriel avait lâché sa main. Uriel s'était enfui. Uriel ne l'avait pas regardé.

Andrew avait eu un pincement au cœur, dont il commençait seulement à comprendre l'origine. Ce n'était pas avec Michiko qu'il devait être. Ce n'était pas avec elle qu'il voulait être. Elle lui tenait la main, comme si elle cherchait à le retenir, comme si elle voulait se donner l'illusion qu'ils étaient vraiment ensemble. Parce qu'Andrew ne doutait pas que ses manières amoureuses, que sa présence si oppressante, ne soit pas un simple mirage qui cachait ses insécurités. Michiko savait. Elle avait su avant même qu'il ne réalise. Alors il avait retiré sa main de celle de Michiko – doucement, comme pour ne pas la blesser s'il la retirait trop fort. Elle avait serré les bras sur son paquet de popcorn salé et lui avait montré un sourire, un peu tremblotant, trop peu rassuré pour être vrai. Elle n'allait certainement pas le lâcher ainsi. Aussi lui avait-elle emboîté le pas dès qu'il était parti s'asseoir près d'Uriel. Avait pris place à côté de lui, posé ses affaires sur le siège à côté d'elle et aussitôt repris la main qu'Andrew lui avait enlevé. Elle n'abandonnerait pas sans combattre. D'autant plus que si Andrew n'avait pas semblé y faire attention, elle avait entendu Uriel l'insulter un peu plus tôt. Et ce n'était même pas vrai d'abord, elle était tout sauf un « boudin ».

Andrew lui laissa sa main – grand bien lui fasse. Du moment qu'elle ne s'accrochait pas à lui, comme elle l'avait fait plus tôt, comme elle le faisait toujours lorsqu'elle le pouvait, ça lui allait. Ou en tout cas, ça le dérangeait moins. Il tourna la tête vers Uriel, remarquant – enfin – sa couleur de cheveux. Le sourire narquois d'Uriel lui fit avoir un mouvement de recul. Il avait perçu cette colère, cette envie de le blesser, l'espace d'un instant, qui s'effaça peu à peu. Il détourna le regard en même temps que lui. Il n'entendit même pas son compliment, mais sa dernière phrase s'ancra dans sa tête. « Ta copine doit être contente. » Andrew lança un regard à Michiko, qui était en train de pianoter sur son téléphone portable. Elle leva le regard, lui sourit, raffermit sa prise sur sa main. Il avait l'impression qu'elle aurait voulu le mettre en cage. La voix d'Uriel le sortit de cette pensée, en même temps que le contact de ses doigts. C'était… doux, tendre. A l'opposé de Michiko. Il refusait toujours de le regarder. Andrew aurait voulu relever son visage, mais il n'avait pas envie de le blesser plus qu'il ne l'était. Il allait lui répondre lorsque Michiko l'interpella.

- Eh, on peut faire un selfie ?

Andrew se tourna vers son téléphone – cadré uniquement sur leurs têtes à elle et lui. Il n'eut pas le temps de lire toute la légende que Michiko avait joint à leur photo, mais des mots lui avait sauté au visage, « cinéma » et « amoureux ». Elle semblait déçue, néanmoins. Sans doute Andrew avait-il oublié de sourire. Il ne lui accorda pas plus d'importance, se tourna à nouveau vers Uriel qui fixait obstinément l'écran. Sa main avait disparue de l'accoudoir.

- Écoute, Uriel, ce n'est pas…

Il s'interrompit car la salle s'éteignit. Le film allait commencer. Sa main se crispa sur l'accoudoir. Il n'aimait pas que l'on parle pendant les films – du moins, au cinéma. Et il n'osait pas le faire, ne désirant pas attirer sur lui les foudres des autres spectateurs. Alors il s'installa un peu plus confortablement dans son siège, face à l'écran. Il sourit en voyant l'Amérique devant lui. Ce pays lui manquait. Depuis quand n'y avait-il pas remis les pieds ? Au moins cinq ou six ans… Même si c'était une Amérique déjà disparue qu'on lui dépeignait, celle des cow-boys perdus dans la montagne, il ne pouvait s'empêcher d'être content. Les premiers coups de feu le prirent un peu au dépourvu. Il avait subitement agrippé l'accoudoir – avait senti la main d'Uriel sous la sienne. Il n'avait pas fait attention, et il s'excusa, tout doucement, pour ne déranger personne. Il replia sa main, la laissant sur l'accoudoir à un endroit où la place était libre.

La complicité qui s'installait entre les deux personnages, peu à peu, lui plaisait. Michiko se tourna vers lui pour embrasser sa joue, mais il la repoussa gentiment. Il n'était pas venu au cinéma pour ça. Et la complicité se muait en tension. Andrew voulut du popcorn, et il se tourna vers Uriel. L'écran éclairait son visage. Il semblait captivé, et Andrew eut un moment d'absence, uniquement concentré sur l'homme à ses côtés ; ses cheveux, son visage. Ses yeux. Son nez. Ses lèvres. Il crut soudain déceler un mouvement de la part d'Uriel et il précipita sa main vers le popcorn, puis sourit faiblement lorsqu'il croisa le regard… surpris ? de l'autre homme. Est-ce qu'il croyait qu'il allait lui laisser le bonheur de manger le popcorn tout seul ? Parce que ce n'était clairement pas le cas.

Il détourna le regard d'Uriel, le reposant sur l'écran. La tension arrivait à son comble. C'était un mélange d'amour et de combat. Andrew se demanda un instant s'ils allaient se battre ou bien s'embrasser. C'était un amour si violent. Un amour si violent qui devenait un abandon au fil des jours. Ennis oubliait sa femme dans ces montagnes perdues. Andrew songea un instant qu'il n'avait pas besoin d'être isolé pour vouloir être avec Uriel. Ce fut lui, cette fois, qui tendit timidement sa main vers celle d'Uriel, osant à peine toucher ses doigts.

La main de Michiko s'agrippa soudainement à son bras et il étouffa une exclamation de stupeur.






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